Résumé : Néovacs et le dépôt de son traitement en Chine
La société de biotechnologies Néovacs, spécialisée dans les maladies auto-immunes, a récemment connu une forte hausse de son action à la Bourse de Paris après avoir annoncé le dépôt en Chine d’une demande de mise sur le marché pour PXT3003, un traitement destiné à la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), une neuropathie rare et grave pour laquelle aucun traitement approuvé n’existe actuellement. Cette maladie touche environ 150 000 personnes en Europe et aux États-Unis.
Le 14 janvier, Néovacs a confirmé que son partenaire chinois, Tasly, avait soumis une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) le 11 avril 2025. Les informations avaient précédemment suscité des rumeurs, mais l’entreprise n’avait pu les confirmer qu’après neuf mois d’attente. Suite à cette annonce, l’action de Néovacs a bondi de 48,4 %, atteignant 0,0096 euro. Au début, elle avait même gagné jusqu’à 330 % dans des volumes d’échanges très élevés, avec 40 millions d’actions échangées.
Cependant, cette flambée de l’action doit être nuancée. En effet, le titre a chuté de 99,6 % en six mois et de près de 100 % en cinq ans. Le faible prix de l’action, la classant comme une "penny stock", contribue à des mouvements boursiers volatils, peu représentatifs de la santé réelle de l’entreprise. La capitalisation boursière de Néovacs est très basse, à seulement 4 530 euros, soulignant les difficultés financières auxquelles la société fait face.
Néovacs a également précisé que, bien qu’une AMM en Chine puisse avoir un impact positif sur ses actifs, la participation dans la joint-venture avec Tasly ne fait pas partie des actifs récupérables dans le cadre de la liquidation de Pharnext, son ancienne filiale. Avant sa liquidation en 2024, Pharnext avait cédé des droits d’exploitation en Chine à Tasly. Une AMM en Chine pourrait cependant ouvrir la voie à des dépôts similaires dans d’autres régions du monde, y compris en Europe et aux États-Unis, et faciliter la commercialisation dans d’autres pays.
La société a entrepris des mesures drastiques pour réduire ses coûts et assurer la continuité de ses programmes de recherche, visant à ramener ses besoins de financement annuels à environ 2 millions d’euros. Malgré la présence de 17,5 millions d’euros d’actifs liquides, son directeur, Hugo Brugière, a exprimé des préoccupations quant à la position précaire de l’entreprise, soulignant la nécessité d’une gestion prudente des ressources scientifiques dans un contexte difficile pour le secteur biopharmaceutique.
En conclusion, alors que le développement de PXT3003 offre un espoir pour une maladie rare, la situation financière de Néovacs demeure délicate, nécessitant une vigilance accrue de la part de ses dirigeants et investisseurs. Les nouvelles sur ce traitement pourraient influencer le avenir de la société, tout en étant à suivre avec prudence.