ALSTOM : Après une chute de plus de 40% en cinq ans, le groupe est-il prêt à accélérer sa croissance boursière dès 2026 ?

ALSTOM, géant historique de l’industrie ferroviaire, traverse une période délicate marquée par une chute de valeur significative de plus de 40 % sur ces cinq dernières années. Pourtant, à l’aube de 2026, le groupe suscite un regain d’intérêt sur le marché financier. Plusieurs analystes renommés voient dans la prochaine année un tournant potentiel, soulignant que la dynamique pourrait basculer en faveur d’une croissance boursière accélérée. Entre résultats mitigés, restructurations profondes et nouveaux enjeux stratégiques, il convient de décortiquer les clés qui orienteront la trajectoire du constructeur de trains et de solutions de mobilité.

Cette période de turbulence a été marquée par des annonces financières décevantes notamment lors de la présentation des comptes 2024-2025. La génération de trésorerie, indicateur crucial pour les investisseurs, est restée en deçà des attentes, ravivant des inquiétudes autour des capacités d’exécution du groupe. Cependant, quelques signaux positifs pointent vers une amélioration, à commencer par une restructuration importante menée en 2024 afin de stabiliser la situation financière et préserver la notation crédit. Un trio de dirigeants expérimentés issus d’un secteur similaire, venu de Safran, signe également un changement dans la gouvernance qui pourrait insuffler une nouvelle dynamique.

Alors que les plans de relance ferroviaire s’intensifient en Europe, particulièrement en Allemagne, et que les impératifs environnementaux favorisent des investissements massifs dans les infrastructures, ALSTOM serait en passe de tirer profit de ce contexte favorable. Des banques comme Deutsche Bank, JPMorgan et Citi affichent une confiance relative concernant ses perspectives dès 2026, espérant que le groupe parvienne à convertir ses projets et synergies post-acquisition Bombardier en moteurs solides pour la croissance et la valorisation boursière. Néanmoins, la prudence reste de mise face aux détracteurs et aux défis persistants dans la gestion des flux de trésorerie.

Comprendre la chute de valeur d’ALSTOM : causes et conséquences en bourse

Depuis cinq ans, ALSTOM subit une érosion importante de sa valeur boursière avec une chute qui dépasse les 40 %. Cette dégradation trouve racine dans plusieurs difficultés économiques et industrielles, flagrantes pour les investisseurs. Un de ces éléments majeurs est la maîtrise défaillante de la trésorerie. Selon les analyses de la banque Citi, le groupe a consommé environ 2,5 milliards de dollars de liquidités sur une période allant jusqu’en mars 2024, à cause des lourds investissements nécessaires pour remettre à niveau les projets acquis avec Bombardier Transport. L’intégration de cette division a été plus compliquée que prévue et a généré des retards, des problèmes d’approvisionnement et un surstockage, freinant ainsi la capacité d’ALSTOM à générer un cash-flow suffisamment positif.

Cette baisse s’est encore accentuée en mai dernier, lors de la publication des comptes de l’exercice 2024-2025, quand le groupe a annoncé des perspectives décevantes pour les flux de trésorerie de l’exercice suivant. Cette annonce, très attendue par le marché financier, a provoqué un plongeon immédiat de l’action, qui a dévissé de plus de 17 % en un jour, plongeant au plus bas en cinq ans. Cette réaction illustre la sensibilité extrême des investisseurs à la capacité d’ALSTOM à générer des liquidités, base indispensable pour financer son développement à long terme et nourrir la confiance en l’investissement.

Au-delà des chiffres, la chute de l’action reflète une méfiance plus large, alimentée notamment par la perte de sa place prestigieuse au sein du CAC 40, remplacée par d’autres acteurs jugés plus dynamiques. La sortie du groupe du principal indice boursier parisien est souvent perçue comme un signal négatif, une sanction symbolique du marché face aux difficultés actuelles. Cette éviction affecte également la visibilité et le volume des échanges, renforçant la volatilité du titre.

Alors que certains investisseurs privilégient la prudence, d’autres restent attentifs à la qualification d’ALSTOM comme un acteur incontournable de la mobilité durable. La stratégie de l’entreprise pour inverser cette tendance s’appuie sur un recentrage stratégique visant à optimiser ses process industriels, structurer ses flux de trésorerie et accélérer l’intégration des innovations en matière de signalisation et de services ferroviaires.

Les conséquences sur le marché financier sont donc doublement gazifiées : d’un côté une forte volatilité liée à la défiance sur le court terme, de l’autre un intérêt croissant pour les enjeux technologiques et écologiques qui pourraient valoriser à terme la société. C’est dans ce contexte contrasté que le scénario d’une « accélération de la croissance boursière dès 2026 » se profile, soutenu par une stabilisation opérationnelle attendue et la montée en puissance des projets d’investissement publics.

La stratégie de croissance d’ALSTOM : un nouveau leadership pour piloter la transition

Les récentes évolutions dans le management d’ALSTOM traduisent une volonté claire de renforcer la gouvernance pour mieux piloter la stratégie de croissance. En avril prochain, Martin Sion, jusque-là président exécutif d’Arianegroup, prendra la direction générale, succédant à Henri Poupart-Lafage. Cette nomination est particulièrement remarquée, du fait du passé commun avec Philippe Petitcolin, président du conseil d’administration, tous deux anciens de Safran, groupe de référence dans l’industrie aéronautique reconnu pour la rigueur et la qualité d’exécution de sa direction.

Cette arrivée s’inscrit dans une tendance à renforcer l’équipe dirigeante autour d’un trio d’anciens cadres de Safran, avec notamment Bernard Delpit au poste de directeur financier, lui aussi issu du même groupe. Leur expérience commune dans un secteur industriel exigeant devrait permettre d’apporter une meilleure discipline financière, optimiser la gestion des coûts et accélérer l’intégration des synergies rendues nécessaires par le rachat de Bombardier Transport.

La stratégie envisagée s’appuie sur plusieurs piliers majeurs :

  • L’optimisation des synergies post-acquisition : compléter la fusion entre ALSTOM et Bombardier par une rationalisation des chaînes d’approvisionnement et une harmonisation des processus internes.
  • L’innovation technologique : miser davantage sur les solutions intégrées en matière de signalisation et de services afin de diversifier les sources de revenus et améliorer la marge d’exploitation.
  • La maîtrise des flux de trésorerie : renforcer la visibilité et la prévisibilité financière, objectif clé pour séduire les investisseurs sur le marché financier.
  • La croissance sélective sur des marchés porteurs : profiter des plans de relance ferroviaires, notamment en Allemagne et en Europe, où la mobilité durable est au cœur des politiques publiques.

Ces mesures sont d’autant plus cruciales qu’elles doivent compenser le passé mouvementé du groupe, marqué par des coûts inattendus et des retards plusieurs fois pointés. La restructuration financière menée en 2024 a contribué à préserver la solidité du bilan. Le défi pour le trio de direction consiste désormais à poursuivre cette dynamique avec des décisions opérationnelles bien calibrées.

Le marché financier, toujours méfiant, attend des preuves tangibles de cette transformation. Les premiers résultats semestriels montrent des signaux encourageants, notamment un redressement progressif de la rentabilité opérationnelle. Ce nouveau leadership met au centre de sa feuille de route la capacité à rassurer progressivement investisseurs et analystes, gages d’une montée en puissance de la performance boursière.

Perspectives 2026 : les facteurs clés pour une reprise solide de la performance boursière

Les projections des différents analystes financiers convergent vers une amélioration notable de la performance boursière d’ALSTOM à partir de 2026. Deutsche Bank, par exemple, maintient une recommandation à l’achat avec un objectif de cours fixé à 27 euros, alors que l’action tourne autour de 24,3 euros. Cette anticipation s’appuie sur une évolution favorable du processus d’intégration de Bombardier Transport, désormais vu comme un levier de croissance plutôt qu’un frein.

Selon la banque allemande, la progression ne sera pas seulement portée par le secteur des matériels roulants, mais également par la montée en puissance des solutions de signalisation et des services, qui devraient représenter une part croissante des ventes. L’estimation table sur un taux de croissance annuel moyen à chiffres simples, situé dans la fourchette médiane, autour de 5 %. Ces perspectives s’appuient en outre sur des tendances macroéconomiques favorables : la congestion urbaine accrue, les engagements écologiques et les dépenses publiques stimulent la demande pour des solutions de transport plus durables.

JPMorgan partage une vision encore plus optimiste, avec un potentiel de hausse de près de 40 % selon son objectif de 33 euros par action. Elle souligne que les mesures de relance allemandes vont booster la commande publique, doublant les investissements sur les cinq prochaines années. Ce contexte géopolitique et économique devrait catalyser la montée en charge des commandes dès 2026, ce qui entraînerait une revalorisation des multiples boursiers du titre. La banque détaille également que la convergence entre bénéfices sous-jacents et résultats déclarés, associée à une baisse des provisions, devrait infléchir positivement les flux de trésorerie.

Citi, pour sa part, est redevenue optimiste sur ALSTOM, en relevant son conseil à l’achat. Elle s’appuie sur la hausse du flux de trésorerie disponible, que la société a réussi à générer pour la première fois depuis plusieurs années lors du dernier exercice. Citi prévoit un flux libre dépassant les 700 millions d’euros d’ici fin mars 2027, avec une montée jusqu’à un milliard d’euros en 2028. Cette amélioration proviendrait notamment d’une meilleure répartition des ventes : le matériel roulant devrait passer autour de 40 % des revenus à long terme, contre 50 % aujourd’hui, favorisant la profitabilité globale.

Tableau comparatif des recommandations et objectifs des analystes sur ALSTOM en 2025 :

Banque Recommandation Objectif de cours (euros) Potentiel de hausse (%) Principaux arguments
Deutsche Bank Achat 27 ~11 Intégration réussie de Bombardier et croissance stable
JPMorgan Surpondérer 33 ~40 Relance allemande boostant les commandes
Citi Achat Non spécifié + flux trésorerie Amélioration continue du cash-flow
Barclays Sous-pondérer Non spécifié Risques élevés Difficultés d’exécution persistantes

Malgré ces perspectives nettement plus positives, d’autres experts comme Barclays se montrent plus prudents, soulignant les difficultés encore présentes dans la génération de cash-flow disponible et le poids des restructurations et provisions, le tout impactant la robustesse du bilan. Cette divergence illustre les débats en cours sur la capacité à concrétiser pleinement les promesses de la stratégie actuelle.

La dynamique autour d’ALSTOM s’inscrit donc dans un cadre d’attente et de confiance prudente, où la bonne exécution des projets et la stabilité financière joueront un rôle déterminant pour une accélération durable de la croissance boursière.

Les enjeux de l’investissement dans ALSTOM : opportunités et risques sur le marché financier

Investir dans ALSTOM nécessite une compréhension fine des spécificités du secteur ferroviaire ainsi que des incertitudes propres à la valorisation des actions dans ce contexte délicat. La complexité de cette industrie, où les délais des projets sont souvent longs et les aléas nombreux, impose une approche patiente et rigoureuse pour qui souhaite miser sur un redressement.

La stratégie de croissance d’ALSTOM repose sur une transformation profonde de son offre, avec une montée en puissance des services et de la signalisation, plus rentables et à croissance récurrente. Cela pourrait réduire la volatilité des résultats et améliorer la stabilité des flux financiers. Cette transition vers un modèle plus intégré et technologique séduit certains investisseurs à la recherche d’un profil de croissance à moyen terme.

En parallèle, le groupe bénéficie d’une exposition privilégiée aux tendances de mobilité verte soutenues par les politiques publiques, notamment en Europe. Les programmes de relance dans des pays comme l’Allemagne, mais aussi en France et en Italie, promettent un flux régulier de commandes pour plusieurs années, constituant ainsi un socle important pour la stratégie de croissance.

Voici les principaux avantages et défis liés à un investissement dans ALSTOM :

  • Avantages : position dominante dans l’industrie ferroviaire européenne, expertise technique élevée, potentiel de croissance lié aux politiques environnementales, amélioration progressive des flux de trésorerie.
  • Risques : historique récent de surcoûts et retards, volatilité des résultats trimestriels, dépendance aux marchés publics, défis dans la gestion des projets complexes, sensibilité aux conditions macroéconomiques.

Face à ces éléments, les investisseurs doivent également prendre en compte le ticket d’entrée sur le titre, jugé attractif après la chute de valeur subie. La valorisation actuelle pourrait offrir un point d’entrée intéressant pour les portefeuilles à horizon moyen-long terme, à condition d’être prêt à naviguer dans un contexte volatil et parfois incertain.

Par ailleurs, la montée en compétence du nouveau management et les efforts pour pallier les faiblesses passées rassurent progressivement le marché. La transformation d’ALSTOM en un acteur plus intégré et versatile ouvre la voie à une diversification des revenus, facteur clé pour stabiliser la performance boursière future.

Cependant, la vigilance reste de mise : l’histoire récente rappelle que des événements géopolitiques imprévus, des changements réglementaires ou un ralentissement économique mondial pourraient rapidement peser sur les perspectives de croissance et la confiance des investisseurs.

Les leviers à actionner pour relancer la croissance boursière d’ALSTOM dès 2026

L’accélération de la croissance boursière d’ALSTOM en 2026 dépendra principalement de la capacité du groupe à déployer efficacement plusieurs leviers stratégiques, opérationnels et financiers. Une coordination rigoureuse entre le nouveau leadership et les équipes opérationnelles sera essentielle pour transformer le potentiel latent en performance concrète.

Voici les leviers clés identifiés par les analystes et experts du secteur ferroviaire :

  1. Finaliser l’intégration de Bombardier Transport : optimiser les synergies, réduire les coûts liés aux redondances, simplifier la chaîne d’approvisionnement et résoudre les retards de projets.
  2. Améliorer la génération de trésorerie : mieux maîtriser les coûts, réduire les provisions et stabiliser les investissements pour soutenir un flux de trésorerie positif durablement.
  3. Renforcer la présence sur les marchés à forte croissance : capitaliser sur les Plans de relance ferroviaires en Allemagne et en Europe, où les dépenses publiques sont orientées vers la mobilité durable.
  4. Accélérer la transition vers les services et la signalisation : équilibrer la part des ventes entre matériel roulant et activités à plus forte marge, pour une meilleure rentabilité et prévisibilité des revenus.
  5. Consolider la confiance des investisseurs : transparence accrue, communication régulière sur la progression des objectifs, et démonstration d’une maîtrise opérationnelle irréprochable.

La mise en œuvre de ces leviers pourrait transformer le titre ALSTOM en un actif attractif pour les portefeuilles, notamment dans le contexte actuel où les investisseurs sont à la recherche de valeurs capables de conjuguer exigence environnementale et rentabilité financière.

Il convient de rappeler que la réussite de cette phase dépendra également de la capacité du groupe à anticiper et gérer les imprévus, qu’ils soient d’ordre technique, industriel ou macroéconomique. Le pari est d’autant plus audacieux que l’industrie ferroviaire est traditionnellement exposée aux cycles longs et aux contraintes réglementaires.

La qualité du leadership, l’amélioration progressive des résultats financiers et la capacité à démontrer l’efficacité des synergies post-acquisition seront des facteurs déterminants pour que la croissance boursière d’ALSTOM ne soit plus seulement une promesse mais une réalité tangible dès 2026.

  • Henri Gilmare henri.gilmare@bourseo.fr https://bourseo.fr
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